Pieds mouillés en trail : garder l'eau dehors ou la laisser s'évacuer ?
Un peu de pluie ne doit pas gâcher votre sortie en forêt. Mais quelles chaussures mettre, que faire quand elles se remplissent et comment garder des pieds en bon état ? De la protection imperméable aux soins des ampoules : voici comment aborder un trail humide et boueux.
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La première flaque, vous l'évitez encore. Puis vient un chemin forestier détrempé, un bout de boue et la question : aurais-je dû mettre des chaussures imperméables ? Parfois, oui. Une protection imperméable aide contre l'herbe mouillée, la pluie et les éclaboussures. Mais si votre chaussure se remplit par le haut, ce qui vous sert surtout, c'est que l'eau puisse ressortir. Pour un trail humide, vous ne choisissez donc pas seulement comment garder l'eau dehors, mais aussi ce qui se passe quand elle entre quand même. [1] [2] [5]
Bonne nouvelle : pas besoin d'acheter une autre paire pour chaque averse. Partez des chemins que vous courez et de ce que font vos chaussures actuelles. Vos pieds restent-ils agréablement au chaud ? Après une flaque, ça clapote encore longtemps ? C'est toujours le même orteil qui frotte ? Cela vous aidera plus qu'un débat sur la meilleure étiquette.
Chaussettes mouillées, mais d'où vient cette eau ?
Des chaussettes mouillées dans une chaussure imperméable, c'est frustrant, mais cela ne signifie pas tout de suite qu'elle fuit. L'eau peut passer par la tige, déborder par l'ouverture ou venir de l'intérieur sous forme de transpiration. Même sous une couche imperméable, votre pied continue de transpirer. Repensez un instant à votre sortie : votre chaussette a-t-elle été trempée d'un coup après cette flaque profonde, ou est-elle devenue de plus en plus moite pendant la montée ? On ne règle pas l'un des problèmes en achetant la solution de l'autre. [1] [3]
Cette flaque profonde montre aussi la limite d'une chaussure basse : l'ouverture autour de votre cheville. Si l'eau passe par-dessus, elle entre tout simplement. Une chaussure de trail imperméable n'est pas une botte, et un petit col autour de la cheville n'en fait pas une d'office. Pour cela, toute la construction doit être étanche. Une flaque dont on ne voit pas le fond, mieux vaut donc la laisser de côté, aussi impressionnante que soit la promesse sur la boîte. [1]
Imperméable et pourtant moite : comment est-ce possible ?
Les chaussures imperméables empêchent la pluie d’entrer grâce à une membrane, une fine couche qui bloque l'eau liquide et laisse passer la vapeur d'eau. Sur les étiquettes, on y croise souvent le nom GORE-TEX, mais d'autres marques ont leur propre membrane. La différence importante tient à ces deux formes d'eau : votre transpiration doit d'abord s'évaporer pour traverser la couche. Une chaussette mouillée ne sèche donc pas aussitôt que vous retrouvez un chemin sec. Et une chaussure qui empêche la pluie d’entrer peut quand même devenir moite pendant une belle montée. [2] [3]
[3]Quand votre chaussure se remplit, vous voulez qu'elle se vide
Votre chaussure est pleine et vous sentez l'eau bouger à chaque pas. C'est là que le drainage compte : l'eau liquide doit pouvoir sortir, par exemple par des ouvertures prévues pour cela. Le séchage vient ensuite. Votre chaussette, la doublure et la tige peuvent encore être mouillées alors que l'eau libre est déjà partie. « Se vide vite » et « sèche vite » sont donc deux avantages différents ; sur un parcours où les pieds sont mouillés à répétition, vous voulez savoir ce qu'il en est des deux. [2] [4] [5]
En magasin, vous pouvez regarder ça de plus près que vous ne le pensez. Prenez la chaussure en main, retirez la semelle intérieure amovible et regardez par où l'eau peut sortir. Derrière ce tissu aéré, y a-t-il encore une doublure fermée ? Comment sont construites la languette et le talon ? Demandez comment le modèle entier évacue l'eau. « Tige ventilée », à elle seule, ne vous dit pas encore ce qui se passe après un grand coup d'eau.
[2] [4]Quand choisir quelle chaussure ?
Pensez à votre prochaine sortie, pas à la course la plus humide que vous pourriez courir un jour. Pour de l'herbe mouillée par un matin froid, vous cherchez autre chose que pour un parcours où vos chaussures se remplissent à chaque fois. Et pendant une sortie soutenue par temps doux, c'est parfois la transpiration qui est votre plus grosse source d'agacement. Ces trois exemples rendent le choix concret.
Quelle sortie figure à votre agenda ?
- Une sortie forestière froide dans l'herbe mouillée, avec de la pluie et des flaques peu profondes : tant que l'eau reste sous le bord de la chaussure, une chaussure à membrane bien adaptée a une mission claire. Elle garde l'eau dehors.
- Un parcours boueux où vos chaussures se remplissent chaque fois par le haut : misez sur le drainage. Si vos pieds se refroidissent ou si le passage n'est pas sûr, changez aussi d'itinéraire. Ce n'est pas au rayon chaussures que ça se règle.
- Une sortie soutenue par temps doux, avec un peu de pluie mais sans flaques profondes : enfilez la paire dans laquelle vos pieds ne surchauffent pas. Ici, une couche imperméable n'est pas automatiquement une amélioration.
Vos pieds demandent plus d'attention que vos chaussures
Une chaussure peut très bien faire son travail pendant que votre peau souffre. L'humidité ramollit la peau et la rend plus facile à abîmer. Ce ramollissement s'appelle la macération ; des fissures et de la desquamation peuvent aussi apparaître. Ce n'est pas la même chose qu'une ampoule ou qu'une infection. Après une sortie humide, ne regardez donc pas seulement la quantité de boue sous votre semelle, mais aussi l'état de vos orteils et de vos plantes de pieds. [7] [8]
Une ampoule, c'est plus qu'un frottement à l'extérieur. À chaque pas, les couches de la peau peuvent glisser les unes par rapport aux autres. À force de répétition, elles peuvent se décoller et l'espace se remplit de liquide. Une chaussure qui serre, une paire inconnue et l'humidité peuvent ensemble mettre la peau à rude épreuve. Essayer seulement de garder vos pieds secs, ce n'est donc pas toute l'histoire. [7]
La chaussette qui tient bien à la maison doit aussi bien tenir quand elle est mouillée
Une chaussette agréable va avec une chaussure agréable, même quand elles sont mouillées. Commencez par une chaussette de sport qui évacue l'humidité et essayez-la dans la paire avec laquelle vous allez courir. Une chaussette plus épaisse passe-t-elle encore sans coincer vos orteils ? Reste-t-elle bien en place ? Amener l'humidité vers l'extérieur d'une chaussette ne séchera pas une chaussure pleine d'eau. Sur une sortie humide plus longue, une paire de rechange dans un sachet fermé est donc bien utile. [9] [11]
Pas besoin d'inventer un grand rituel du pied avant de partir. Vérifiez simplement que votre chaussette est bien en place et que rien n'appuie là où ça a déjà posé problème. Une nouvelle chaussette ou une nouvelle paire de chaussures, vous l'essayez d'abord près de chez vous. Une couture qui irrite dès le premier virage, mieux vaut la découvrir sur votre sortie habituelle en forêt, pas au milieu d'un long trail.
Du ruban adhésif ou un lubrifiant peut sembler tentant quand vous rentrez toujours avec le même talon douloureux. Mais aucun de ces produits, ni les doubles chaussettes, ne vous met à l'abri des ampoules. Testez la protection choisie lors d'un entraînement ordinaire et regardez comment elle tient quand elle est mouillée. Si c'est toujours le même endroit qui réagit, faites regarder ça par un podologue ou un médecin. Vous voulez résoudre le problème, pas simplement mettre une couche de plus par-dessus. [9] [10]
Que faire dès qu'un point commence à brûler ?
Ce petit point qui brûle au talon mérite votre attention dès que vous le sentez. Cherchez un endroit sûr et retirez votre chaussure, même si vous étiez en plein rythme. Il y a peut-être un caillou, un pli dans votre chaussette ou un lacet trop serré. Si la peau est déjà douloureuse ou abîmée, écourtez la sortie. Inutile de transformer un point désagréable en long retour douloureux.
Nettoyez une ampoule avec précaution, séchez-la en tamponnant et protégez-la avec un pansement doux ou un bandage adapté. Ne percez pas vous-même une ampoule intacte et n'arrachez pas la peau détachée. Si l'endroit devient plus chaud, plus rouge ou plus douloureux, ou si du pus apparaît, faites-le examiner par un professionnel de santé. En cas de diabète ou de défenses immunitaires affaiblies, n'attendez pas le prochain entraînement avec un pied abîmé. [7] [9]
Le froid humide demande une autre décision qu'une chaussette gênante. Une exposition prolongée à l'humidité et au froid peut provoquer des lésions aux pieds, même sans gel. Arrêtez-vous si vos pieds sont insensibles, gonflés ou nettement décolorés, cherchez un abri et faites appel à une aide médicale. Ne courez pas plus vite pour retrouver la sensation. Des frissons avec confusion ou perte de coordination, c'est une urgence : appelez le 112. [11]
Dans la boue, c'est l'adhérence qui compte, pas l'étiquette imperméable
Des chaussettes sèches ne servent pas à grand-chose si vous glissez à chaque pas. Dans la boue molle, des crampons profonds et bien espacés font leur travail : ils s'accrochent au sol et laissent la place de se débarrasser de la boue. Sur de la pierre mouillée, on ne peut pas compter uniquement sur cette profondeur ; la gomme et le dessin de la semelle comptent aussi. Choisissez le profil en fonction du sol sous vos pieds et la tige en fonction de l'eau. Ce sont deux décisions distinctes. [5] [6]
Laissez votre allure sur route à la maison dès que le chemin devient glissant. Faites de petits pas maîtrisés et regardez où vous posez le pied. Passer à la marche dans une pente fait partie du jeu quand la course n'offre aucune prise. Inutile d'explorer une flaque trouble en sautant dedans, et un ruisseau en crue n'est pas un test de chaussures. Choisissez un détour sûr ou faites demi-tour ; votre sortie en forêt n'a pas à devenir un parcours d'obstacles.
Ce détour, gardez-le toutefois sur des chemins autorisés et respectez les fermetures. Si le passage est impraticable, faites demi-tour plutôt que de tracer une nouvelle piste à travers la végétation. Après un passage boueux, jetez un coup d'œil sous votre chaussure dans un endroit sûr. Si le profil est bouché, repartez calmement. Quelques mètres secs plus loin ne disent encore rien de l'adhérence de votre semelle.
À la maison : d'abord vos pieds, ensuite la boue
Après une sortie humide, des vêtements secs sont tentants, mais regardez d'abord vos pieds. Retirez les chaussettes mouillées, nettoyez doucement la peau sale et séchez-la en tamponnant, entre les orteils aussi. Laissez au repos un endroit douloureux ou abîmé. Une douleur persistante, des ampoules à répétition ou des signes d'infection, faites-les examiner. Enfiler une autre paire de chaussures en espérant que ça passe n'est pas la bonne étape suivante. [8] [9]
Ne laissez pas vos chaussures dans le couloir comme deux mottes de boue. Suivez les instructions d'entretien de leur fabricant. Pour des chaussures GORE-TEX, retirez la saleté libre et la semelle intérieure amovible, puis nettoyez à l'eau tiède avec peu de lessive liquide. Pas de machine à laver ni d'eau de Javel. Laissez-les sécher à température modérée, loin d'une chaleur directe, pour que l'intérieur sèche aussi. [12]
Si l'eau ne perle plus à l'extérieur, ne prenez pas n'importe quelle graisse pour chaussures. Pour des chaussures GORE-TEX, utilisez un traitement hydrofuge adapté, selon les instructions du fabricant de la chaussure. La cire ou la graisse peut gêner la respirabilité. Ce traitement aide l'extérieur à repousser l'eau ; il ne remplace pas la membrane. Et ce que votre veste de pluie peut faire au sèche-linge, votre chaussure ne le peut pas forcément. [12]
Votre prochaine sortie sous la pluie est une bonne façon de faire connaissance
Pas besoin d'attendre une longue course pour tirer ça au clair. À la prochaine averse, enfilez votre paire habituelle et choisissez une sortie courte avec un retour facile. Ne cherchez pas les flaques profondes : notez simplement quand vos chaussettes se mouillent, si l'eau continue de clapoter et comment vos pieds se sentent. À la maison, examinez votre peau et laissez vos chaussures sécher complètement.
Votre prochain choix en sera bien plus simple. De l'eau qui vient de l'herbe mouillée ? Alors une protection imperméable peut aider. Une chaussure qui se remplit par le haut ? Cherchez un meilleur drainage ou une autre sortie. Toujours le même orteil douloureux ? Occupez-vous-en d'abord. Vous gardez ainsi de la place pour ce pour quoi vous êtes venu : courir avec plaisir, même quand la forêt est un peu plus humide.
Sources et références
- GORE-TEX : protection imperméable et eau qui passe par-dessus la chaussure · Source vérifiée le:
- GORE-TEX : fonctionnement de la membrane et ventilation SURROUND · Source vérifiée le:
- GORE-TEX : vapeur d'eau, pression de vapeur et limites d'un matériau respirant · Source vérifiée le:
- GORE-TEX Invisible Fit : construction et comportement au séchage · Source vérifiée le:
- INOV8 : ouvertures de drainage et gomme comme choix de conception distincts · Source vérifiée le:
- Salomon : profil de semelle pour la boue et les sols durs · Source vérifiée le:
- DermNet : formation, facteurs de risque et complications des ampoules de frottement · Source vérifiée le:
- DermNet : humidité, macération de la peau et espaces entre les orteils · Source vérifiée le:
- NHS : soigner les ampoules et reconnaître les signaux d'alerte · Source vérifiée le:
- Worthing et al. (2017) : prévention des ampoules de frottement dans les sports de plein air · Source vérifiée le:
- CDC/NIOSH : froid humide, lésions des pieds et hypothermie · Source vérifiée le:
- GORE-TEX : nettoyer, sécher et traiter les chaussures · Source vérifiée le: